238 396 ! C’est l’un des chiffres marquants de la récente publication de la FCA consacrée aux mules financières, ces comptes essentiellement utilisés pour faire transiter les fonds issus de la fraude…
Trois enseignements à retenir :
▫️ Des circuits de fraude complexes : les fonds transitent généralement par plusieurs comptes, avec une sortie principalement observée entre le 2ᵉ et le 5ᵉ compte ;
▫️ Des méthodes de dissimulation diversifiées : les paiements par carte constituent le principal canal de sortie des fonds identifié, parfois à travers des transactions de faibles montants ;
▫️ Une détection précoce essentielle : 74,1 % des comptes suspects fermés par les établissements ne l’ont été dans les six mois suivant leur ouverture, alors que l’on sait que les comptes ne sont actifs parfois que quelques jours…
Quels enjeux pour les établissements financiers ?
Ces constats soulignent la nécessité de renforcer certains dispositifs existants, tout en anticipant plusieurs évolutions structurantes, notamment :
▫️ De dépasser la surveillance des transactions individuelles pour développer une véritable analyse des réseaux de fraude ;
▫️ Renforcer la coopération interbancaire et le partage d’informations ;
▫️ Développer les synergies entre les dispositifs de lutte contre la fraude et de LCB-FT, notamment en matière de surveillance transactionnelle.
Les travaux de la FCA montrent que la fraude et le blanchiment ne peuvent pas toujours être appréhendés indépendamment, les comptes de mules servent précisément à transférer et à dissimuler les produits de la fraude.
De premières questions qui se posent notamment sur la complémentarité des scénarios de détection, le partage des alertes, les investigations et la gouvernance entre équipes Fraude et Sécurité financière
Des sujets autant critiques que passionnant à anticiper dans le cadre des futures obligations introduites par la DPS3 et le PSR !